L'expérience : 30 jours avec Claude comme co-PO
En janvier 2025, j'ai mené une expérimentation radicale : pendant un mois, j'ai systématiquement impliqué Claude dans toutes mes décisions de Product Owner sur le projet EQUANS Site Factory. Ce retour d'expérience documente ce qui a fonctionné, ce qui a échoué, et ce que j'ai appris sur les limites réelles de l'IA en tant que partenaire de travail.
Le protocole de l'expérimentation
J'ai défini trois niveaux d'implication pour Claude :
- Niveau A — Consultation : je demande l'avis de Claude avant de prendre une décision
- Niveau B — Co-rédaction : Claude rédige, je révise et valide
- Niveau C — Délégation : Claude prend en charge l'intégralité d'une tâche
Résultats par type de tâche
Rédaction des user stories (Niveau B → Niveau C)
Après 2 semaines d'apprentissage du contexte projet, la qualité des user stories rédigées par Claude était jugée "très bonne" par l'équipe de développement dans 80% des cas. J'ai basculé en Niveau C pour les user stories de maintenance et conservé le Niveau B pour les nouvelles fonctionnalités.
Priorisation du backlog (Niveau A)
Claude m'a fourni des analyses de priorisation basées sur l'impact estimé et la complexité technique. Utile comme point de départ, mais ses recommandations manquaient systématiquement de contexte politique et commercial. Je n'ai jamais pu dépasser le Niveau A ici.
Préparation des sprint reviews (Niveau C)
La génération automatique du deck de sprint review (données Jira → slides) a été le plus grand succès de l'expérimentation. Gain de temps : 2h par sprint. Qualité jugée équivalente à ma version manuelle.
Communication avec les parties prenantes (Niveau B)
Claude rédige les drafts, j'ajuste le ton et le contenu selon ma connaissance des personnes. C'est le cas d'usage le plus rentable en termes de ratio effort/qualité.
La leçon principale
"Un assistant IA n'est pas un Proxy PO. C'est un amplificateur de PO. Il multiplie votre productivité sur les tâches que vous maîtrisez déjà bien. Il ne compense pas les lacunes — il les révèle."
Les domaines où l'IA était inutile ou contre-productive : negociation avec les sponsors, arbitrages liés à la culture d'équipe, décisions en contexte de crise. Ces situations nécessitent une présence humaine, une mémoire organisationnelle et une empathie situationnelle qu'aucun LLM ne possède.
